• Dans mon pays, les jeunes chats ont l'odeur des agrumes écrite dans leurs pupilles hespéridées
    Leur fourrure tigrée respire et ressemble à la forêt, avec son bruissement immense et intime
    Et jamais ils n'ont cesse de scruter avec application l'invisible, avant de s'évanouir brusquement, comme appelés sous leur peau par la naissance d'un imperceptible orage


     


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  • Les yeux mi-clos, un peu las, apaisés, ont fait comme un lit au réel
    Et dans leur dessin lisse s'écoule un sentier précieux mais vrai.

    Une chambre tendue de douces étoffes ivoire, écru, blanc cassé
    A la tiédeur discrète d'album

    Où l’aiguière élégante parle au miroir,
    Où les joyaux répondent aux fruits. 

    Et dans le verre le vin, en sa lumière les reflets, en sa parure le rouge et le bleu qui mêlent,
    Tout comme le rubis léché qui joue du bleu trouble sur la robe ivoire du cou.



    Alentour: l’écrin du silence.


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  • Des silhouettes au coin des yeux;




    Ca brille intérieurement.


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  • Se voir heureuse en sa solitude; s'y croire immergée. Jouir de ces trêves, de cette paix armée, au coeur de la bataille contre soi-même. Déglutir l'espace, puis encore l'espace, qui se renouvelle devant les yeux, malgré le décor inchangé.
    Donner une naissance avortée au futur. Se sentir emprisonnée dans cet espace qui entoure et enlace de ses bras trop tranchants et trop aériens. Il est difficile d'y évoluer.
    L'immobilité malsaine et nerveuse, dans un calme qui, lui, ne semble rien attendre.

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  • [Phalène aux yeux de bois,
    Ne vois-tu pas la peur qui s'effrange?]


    Observe le bruit des feuilles qui ventent. Il aime à se faire croire qu'il est pareil à celui de la pluie lancinante, languissante, lapidante. Petits chocs secs entre les feuilles gonflées. L'écho des vagues claque encore, et les oiseaux sonnent la retraite.
    Le lever semble si sombre au fond des vallées. La pente épineuse attire, donne envie de nager dans les ronces et de se rouler dans les écorchures. Noyer l'oubli dans un parfum de sang végétal. Au loin, des enfants ont lancé leurs cris ronds comme les balles avec lesquelles ils jouent; les voix ivres tournent; on se croirait dans une piscine.


    Le soleil se fraie un chemin au-dessus des nuages. Les herbes surplombant mon visage deviennent imposants bonsaïs. Le sol est vraiment sculpté avec une minutie lascive. Chaque brin de paille, chaque paillette de poussière a été placé pour former un ensemble diaboliquement sûr. Peu à peu, un parfum d'alcool se fait au jour; lentement, il se disperse, par échos de gorgées.
    Même les camomilles tortueuses mais salvatrices possèdent leur grâce ciselée.
    Airs troubles de l'incompréhensible et déchaînements de fausse puissance. Les feuilles des buissons spartiates tentent de s'ailer; mon regard les retient. Les mouettes repues promènent un vol puissant mais léger; les turbulences de l'herbe me chuchotent un japonais délié et mature.
    Plus bas, un pont a déposé ses arcades. Le fleuve entraîne doucement sa pollution. Le vent en vieillit la surface par instants, formant de légères îles d'eaux ventées; on a envie d'arracher la peau du fleuve, et de se jeter en lui sans se bander les yeux. Le fond préservera son intimité.

    Les jeunes démences commencent.



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