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Bruit rose à la brune.

["La poésie est mémoire, mémoire de l'intensité perdue." Yves Bonnefoy]

Antiques | 25 février 2011

Dans mon pays, les jeunes chats ont l'odeur des agrumes écrite dans leurs pupilles hespéridées
Leur fourrure tigrée respire et ressemble à la forêt, avec son bruissement immense et intime
Et jamais ils n'ont cesse de scruter avec application l'invisible, avant de s'évanouir brusquement, comme appelés sous leur peau par la naissance d'un imperceptible orage


 

Publié par déviante à 00:40:11 dans sans les mains, sans les yeux | Commentaires (1) |

Vanité parisienne | 29 décembre 2009

Les yeux mi-clos, un peu las, apaisés, ont fait comme un lit au réel
Et dans leur dessin lisse s'écoule un sentier précieux mais vrai.

Une chambre tendue de douces étoffes ivoire, écru, blanc cassé
A la tiédeur discrète d'album

Où l’aiguière élégante parle au miroir,
Où les joyaux répondent aux fruits. 

Et dans le verre le vin, en sa lumière les reflets, en sa parure le rouge et le bleu qui mêlent,
Tout comme le rubis léché qui joue du bleu trouble sur la robe ivoire du cou.



Alentour: l’écrin du silence.

Publié par déviante à 02:25:04 dans sans les mains, sans les yeux | Commentaires (0) |

Scène: baiser blanc | 29 décembre 2009

Au creux du geste, le fil ;
La parole sur un ton apaisé

Les hanches du monde
Qui font se répondre la terreur et la danse

Le déséquilibre qui gronde
Et l’orage qui s’enroule au sein de l’eau inquiète.
 
La chair est au calme ;
La beauté peut alors commencer à se faire mémoire.

Publié par déviante à 02:18:59 dans paroles de papier | Commentaires (0) |

Cantique | 29 décembre 2009

Ici séjourne une onde inquiétante, fraîche et moirée,
Dont le mouvement immobile et noir est un vaste royaume;
Voilà mes Indes terribles au céleste arôme;
Voilà la contrée du songe égaré

Là, sentir au travers de l'air humide et doré
Les spasmes des beautés sans mémoire dans sa paume,
Pendant qu'au creux du coeur s'étire l'éclat d'un psaume,
Comme une variation sur l'oubli éploré.

Les lentes mains de la mémoire aux cheveux d'écume
Parfois animent la mer d'étranges ballets-brumes
Dont les grâces éparses marquent l'eau de leur signe.

La mécanique du temps brode son éternel soir,
Pendant que l'eau charrie les derniers ors du savoir;
Et l'oubli, alors, se magnifie comme une vigne.

Publié par déviante à 02:10:23 dans le jardin de l'émeraude | Commentaires (0) |

Noctuelles | 21 décembre 2009

Au creux du sommeil s'est joué un terrible festin
Dans le tiède corps de la terre que la pluie trempe
Et enveloppe d'un bain à la douceur d'estampe.
Le regard se dépose sur ces mystères, invité clandestin.

Lentement s'épanchent les lueurs du long matin
Qui se mêlent à l'électricité obstinée de la faible lampe
L'esprit endormi cherche encore le songe et sa souple hampe.
Silencieusement là-bas, l'air déploie son large satin.

Au pied du lit, las, reposent quelques sauvages iris jaunes
Qui chantent les éclats-sanglots étranges du faune
Avec les mots vrais d'une antique et pure geste.

L'odeur vénéneuse de la rose sanguine baigne tout, comme l'amour d'un apôtre 
Et anime la lumière fauve du midi d'un éclat autre
La nuit est avalée dans sa ronde bouche; maintenant seul l'ambre amer du jour reste.

Publié par déviante à 05:11:27 dans le jardin de l'émeraude | Commentaires (0) |

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