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La sueur des villes
M’étreint comme une amante
Baisers chauds d’herbe sèche,
Baisers de bitume orageux
[…]
Et ses grands cheveux nitescents
Abandonnés entre mes mains dansantes
Ondulent lascivement dans la touffeur d’août
Nous ne savons que faire
Et toujours le désir comme une cathédrale sous ma chair
Publié par déviante à 01:31:20 dans paroles de papier | Commentaires (0) | Permaliens
Avalées par l’oubli, les griffures des anciens présents,
Délavées, les rougeoyantes traces sur les peaux des amants ;
Comme une marine qui se déploie au fil du jour,
Le temps arrange ses couleurs nobles,
Et se drape doucement dans son habit lourd.
Sans une parole il faut prendre en sa bouche les souvenirs,
La ronde noirceur de leur visage sans trouble,
Comme le matériau d’un froid festin
Baigné des claires teintes de la chair ;
Puis, se loger dans le lit de chevelure qu’ils ont sombrement tissé.
Enfin au détour de la fenêtre attacher son regard,
Fidèle aux bleus qui se déroulent dans le soir ;
Aimer les heures bousculées et leurs moments raturés
Comme autant de poèmes épars ; se suspendre au tranchant de l’air,
Jeter sa personne dans le fond du ciel et dans ses mains sauvages.
Nous étions des passants sans âme,
Parmi ces oiseaux attristés des hauteurs
Qui semblent oublier jusqu’à l’odeur pleine et sèche de l’air,
Et qui folâtrent sans désir sous les minces arcades
De leur rocailleuse cathédrale d’éther
Et dans la végétation étrange de l’esprit,
De discrètes et grises ombelles
Brodent un vaste manteau d’écume
Pour quelques camélias nuageux
Qui seront jetés en offrande devant les pas mousseux du songe
Et en son cœur, l’oeil ouvert, comme une terrible caverne
Abrite en son creux l’énigme dorée,
Qui dresse sa haute silhouette de présage
Loin, vers l’orée tremblante et fabuleuse, les insectes immobiles
Relaient sans voix le craquement des éphémères
Au milieu du sommeil, les mains qui tressent des larmes,
Comme une neige lentement fondue, un alibi des beautés altérées ;
Et pour habiter le fond du ciel et ses hautes herbes,
Une seule comète, qui n’en finit plus de dissiper sa lueur,
Et de déployer près de ma main sa droite fuite.
Je ne cherche qu’à me nourrir
Publié par déviante à 01:28:48 dans despiration | Commentaires (0) | Permaliens
Dans mon pays, les jeunes chats ont l'odeur des agrumes écrite dans leurs pupilles hespéridées
Leur fourrure tigrée respire et ressemble à la forêt, avec son bruissement immense et intime
Et jamais ils n'ont cesse de scruter avec application l'invisible, avant de s'évanouir brusquement, comme appelés sous leur peau par la naissance d'un imperceptible orage
Publié par déviante à 00:40:11 dans sans les mains, sans les yeux | Commentaires (1) | Permaliens
Les yeux mi-clos, un peu las, apaisés, ont fait comme un lit au réel
Et dans leur dessin lisse s'écoule un sentier précieux mais vrai.
Une chambre tendue de douces étoffes ivoire, écru, blanc cassé
A la tiédeur discrète d'album
Où l’aiguière élégante parle au miroir,
Où les joyaux répondent aux fruits.
Et dans le verre le vin, en sa lumière les reflets, en sa parure le rouge et le bleu qui mêlent,
Tout comme le rubis léché qui joue du bleu trouble sur la robe ivoire du cou.
Alentour: l’écrin du silence.
Publié par déviante à 02:25:04 dans sans les mains, sans les yeux | Commentaires (0) | Permaliens
Au creux du geste, le fil ;
La parole sur un ton apaisé
Les hanches du monde
Qui font se répondre la terreur et la danse
Le déséquilibre qui gronde
Et l’orage qui s’enroule au sein de l’eau inquiète.
La chair est au calme ;
La beauté peut alors commencer à se faire mémoire.
Publié par déviante à 02:18:59 dans paroles de papier | Commentaires (0) | Permaliens