• Contes disgracieux,
    Epopées maladroites
    Luisent en ma mémoire
    D'un vieux vert passé -

    Batailles à reprendre,
    Mélopées effacées -
    Leur rythme heurté sourd
    Traverse ma respiration

    Une strie de nuages bleutée
    Barre le front de la lumière
    Et la ville, à cette heure-là
    N'a plus rien à vous ouvrir.
     

     


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  • Juste ces yeux un peu mouillés que l'on peut avoir

    Au creux d'une rue
                   d'une oeuvre
                   d'un feu

    Le corps qui bat sans prévenir
    Une valse lente
    Une valse de désir calme

    Alors on glisse les pieds nus dans des chaussures
    On valse sur place, les pieds qui chantent

    Et tout s'échappe
                                comme l'averse qui s'arrête


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  • 3h12
    De nouveau, les nuits nerveuses dans l'obscurité crue, passées à chercher le froid contre et sur soi. La fenêtre qui claque, éreintée, à chaque soubresaut sursaut de chaleur.
    Observer intérieurement la course du sang et se recueillir, avant d'apposer à ses contorsions la station agressive-passive des objets extérieurs, intimes à eux-mêmes.
    Contracter, exténuée exsangue, les muscles un à un; goûter ce contraire d'anciennes sensations trop familières.

    A travers la fenêtre, les grillons embués vibrent de leur ré mi bémol, et se défont de l'engourdissement pluvieux. Le corps qui repousse et redoute ces odeurs complaisantes insidieuses qui l'assaillent. Le parfum fétiche les noie et les désarticule; rassurant mais diabolique, il décharge ses souvenirs.


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  • 4h52
    Des tigres de papier-chiffon rouge bataillent, légers, sur le corps déformé.
    Une sauterelle est tapie, dans la fleur mangée d'une rose trémière.
    C'est le calme avant le combat; c'est la contemplation avant la confrontation. Le soleil gronde, de l'autre côté des limbes; et ses salves étouffées parviennent, à travers le velours mité nocturne. Dans l'obscurité cramoisie, l'éther s'envole, des poupées aux yeux crevés chevauchent les mouettes. Les lys épanchés hocheront bientôt la tête, secouant un nuage.
    La fenêtre sale palpite bruyamment, elle demande à être rouverte.


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  • 2h54

    Une coupe de poires
    Surplombe l'hémicycle enversé
    "Le noir c'est l'espoir"
    Dit le penseur aux yeux crevés

    Tombe sur nous
    L'impur voile du matin
    Je te briserai; tu tomberas à genoux
    Je te connais; je t'ai façonné de mes propres mains.


    Le poète aux tympans déchirés qui ne connaît plus la musique des mots pleure un peu; ce verdict lumineux le laisse à terre. Personne ne le relève. Et il reste, fond doucement sur les dalles, se fond dans le miel de la lumière.



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