renaquir donne la migraine.
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Eveil. Remous. Violet. L'écorchure du vert. L'odeur du vert. Marbres matinaux. Exil.
Roses apprivoisées qui brillent
Au creux de la chaussée;
Au-dessus, forêt de rutilances,
Vélos fourbis, voitures léchées
Femmes à ventre mou et structure maigre,
La geste parcimonieuse et terrible
Le regard joyau
Comme les femmes de Klimt
Et puis je cherche l'automate à cigarettes.
Publié par déviante à 20:11:16 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens
Une rangée de lavabos. Pas de miroirs. Ici, quand on regarde
son visage, on lève la tête vers le pan de mur blanc sale qui jouxte le lavabo,
et on écoute la musique qui s'échappe par petits morceaux étouffés de phrases,
à travers les fentes et les fissures des murs, qui passe doucement sous les
doubles portes. On écoute tous ces soupirs, on écoute les visages des autres
qui travaillent, les doigts qui filent, les sons qui transpirent, les phrases
qui se délient. On regarde par la fenêtre alors. On s'en approche, on se penche
un peu. Des enfants qui jouent à chat dans la cour. Encore des éclats de
musique. La ville étendue au soleil comme une nappe parsemée de cheminées,
voilée par un doux smog bleuté. La ville dans toute sa blancheur, trouée de
surprenantes places floues et lignes nettes, qui dessinent la complexité de son
grand corps. La ville qui paraît muette et plane, immuable, comme si tous les
grouillements et les embrouillaminis qui l'animent et l'amusent n'avaient été
que leurres. Je fais le tour de sa taille avec mon bras et je ne vois plus rien.
Publié par déviante à 01:37:31 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens
Poudres, papier de riz, balance
Aux jolis plateaux disques un peu creux
Laiton martelé, gracieux
Pigments noirs en petits tas coniques
Côme avance la main cheveux châtain insipide
Mais ordonnés en ondulations et crans d'il y a longtemps
De quand dans nos ventres il y avait des rouages qui cliquetaient patients
Tout sans hâte et sans regret
Il avance la main pour redresser un plateau de la balance
Le geste pour le geste
Visage de fille, lèvres violettes, peau blanche
La main malade comme une esquisse
Il dit: "Cent dollars."
Et là, la peau de l'orchidée
Eclate comme une innocente
Et tous regardent ensemble ses paupières muettes.
Publié par déviante à 17:11:29 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens
Cris et chuchotements-
L'animé est-il
mort?
-
Cris et chuchotements
L'animal est-il
toujours vivant?
-
Et moi
Je suis assise
Dans l'ombre de la porte
-
Lumière du soir
Lumière électrique-
Je me regarde
-
Cris et chuchotements-
Une saison j'ai perdu
Ma peau
-
Cris et chuchotements-
Une plainte évanouie
Je dors.
Publié par déviante à 17:57:21 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens
Les pavés
volent de nouveau, comètes grises, sous le pas-course qui fuit. Le sol
qui ne répond pas, et porte simplement tandis qu'on le frappe. Je lui
ai raconté une histoire entre les coups. Les pavés ont souri. Il faut
s'arrêter quand il n'y a plus de sol.
Des pas comme des questions-coups, vomies à chaque respiration comme
autant de chimères qui auraient pu être merveilleuses, mais qui n'ont
pas fleuri. Encore dans leur enveloppe, peau de grenouille, elles sont
tombées à terre, et sont devenues cailloux anguleux, au visage sérieux.
J'ai couru comme ce jour qui ressemblait à hier.
Vouloir du courage peut coûter soi-même et vider tout. Je suis comme
une maison sans meubles, qui a ouvert ses fenêtres dans l'espoir de s'y
envoler.
Je dois passer au-dessus du temps. Donner enfin une naissance à ces deux personnages qui vivent en moi, les sculpter, les modeler, les regarder vivre pour oublier que je dois vivre maintenant...
Publié par déviante à 20:35:07 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens