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déception | 02 avril 2006

nous cherchons sans cesse. et même lorsque nous regardons l'autre, c'est pour nous chercher en lui. wie peinlich. j'aurais eu l'orgueil de nous croire peut-être meilleurs. nous nous leurrons nous-même chaque minutes; nous nous cachons les mystères de notre solitude fondamentale par peur. nous avons tous peur de mourir seuls.

Publié par déviante à 14:51:42 dans négation aveugle | Commentaires (1) |

sept secondes trois quarts de réflexion | 02 avril 2006

je m'interroge sur la survivance des mythes. la métempsycose de ces schémas humains devenus antithétiquement immortels me fascine.

comment le regard compose le corps, comment l'altérité est évidente; comment les corps cherchent et se tendent à la lumière sale du regard de l'autre. s'enfermer à clef dans le corps d'un autre, dans l'espace temporel fugace d'un halètement du temps voilé, du battement blanc d'un cil. et de nouveau regarder les autres dans un corps autre, emprisonné derrière le manteau du vide. sentir derrière soi les organes qui roulent et battent, soulèvent la peau intérieure qui se retourne avec douleur.

j'avoue une légère envie de vomir. j'ai brûlé des photos; je ne veux pas de mémoire. demain est éphémère. demain est mort déjà. ce passé et ce futur même jetables me conviennent. pour une fois que quelque chose en moi est à l'image de la "société". pourquoi m'embarasser de connaissances que je pourrai extraire des autres lorsque j'en aurai besoin? l'innovation même doit être innée, sans comparaison avec le fardeau du passé.

trop de soleil; c'est lassant. je vais aller me faire un peu peur en écoutant
"R2 D3" de Ghinzu.

dormir; me réveiller demain

quelles conneries

Publié par déviante à 14:46:55 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) |

2005 XVI | 31 mars 2006

elle observait le monde à travers une vitre de verre dépoli.
elle ne distinguait plus les personnes ni les choses; elles étaient déparées de tout intérêt. elle vivait à travers le brouillard semi-lumineux des étoiles de sa fatigue, vaguement coloré, un peu bruyant mais supportablement encore. elle regardait, étonnée, tous ces gens qui semblaient vivre autour d'elle; et ils s'affairaient, remarquablement plats et humbles. ils parlaient aussi, parfois même s'adressaient à elle; mais elle ne savait que répondre. elle ne comprenait déjà plus le langage; et elle répondait par un vague sourire du bas du visage, découvrant les boucliers émaillés des dents, le sourire qui plaît et ne demande pas de questions. elle ne les avait même plus en horreur, ces humains; ils faisaient juste ce qu'ils croyaient bon de faire, ce qu'ils appellaient leur devoir. qu'ils aient raison ou tort n'était pas dans la question de leurs actes même. elle admit finalement le conformisme fondamental de l'espèce humaine. ses forces, elle ne les gaspillait plus à haïr; elle se concentrait plutôt à régler quelques détails avec elle-même, en attendant toujours ce qui ne saurait tarder.
elle observait durant ses dernières semaines ces vies banales dont elle aurait aimé en avoir une, rien que pour l'expérience. les fenêtres des immeubles, devant sa chambre, lui offraient tout ce qu'elle pouvait et aurait dû désirer. elle regardait les gens vivre. le soir, ils suivaient des matches à la télévision; les lumières bleues des postes lui parvenaient, floutées par les vitres. des disputes étouffées échappées par des fenêtres ouvertes, un rire gras, des volets claquant lui arrivaient à travers l'air froid. elle voyait ces gens primaires, ascétiques presque par la simplicité de leurs désirs, uniquement matériels et limités. non, ils ne voulaient pas l'or, l'encens, la myrrhe; ils ne voulaient pas l'omniscience, ni la compréhension absolue; ils ne voulaient pas le génie, ni aller à l'opéra. ils voulaient une voiture, de la bière, une femme pour la nuit, un peu d'argent. la nuit elle se demandait quels désirs choisir.

Publié par déviante à 21:51:53 dans grenier/cave | Commentaires (1) |

2005 XVIII | 31 mars 2006

je n'arrive plus à m'ouvrir aux gens. je ris peut-être, mais mon coeur veille. m'exprimer m'effraie tant que je le fais de moins en moins. si l'on voyait ce qu'il y a en moi? voici la question qui me taraude chaque fois que j'ai laissé transparaître quoi que ce soit, joie ou tristesse. je ne supporterais pas qu'on sache quels desseins me font survivre. que quelqu'un connaisse le moindre aspect de mes pensées, cette possibilité me fait frissonner de dégoût et de peur. je ne peux laisser apercevoir quoi que ce soit. il faut que rien ne m'échappe, que je retienne tout. il faut que je contrôle chaque geste, chaque inflexion, chaque mot, chaque regard enfin. j'ai du mal. mais je m'améliore de jour en jour. mes propres parents maintenant me croient d'humeur très égale, presque joyeuse, alors que je suis dans une noire mélancolie, oscillant entre les moments de doute, de joie presque, et de folie sombre. ceux qui se disent mes amis n'ont rien pu remarquer, je ne les vois presque plus pour être sûre qu'ils ne verront rien. j'ai dû me séparer de mon meilleur ami; il était trop dangereux. tout est prêt pour me forger une cuirasse d'invincibilité. personne ne me connaîtra. personne ne saura mes faiblesses, mes désirs. et personne ainsi ne saura me toucher, m'atteindre, ni même où me porter un coup. personne ne saura qui je suis, ce que j'aime réellement, ce qui me fait peur, à quoi je pense durant toutes ces nuits blanches d'hiver, ce qui me met des frissons idiots au dos, ce qui me touche enfin. ceux qui y tiendront connaîtront mon image, un composé, assez fascinant pour présenter quelque intérêt apparent, que j'ai eu patience et plaisir à assembler, assez complexe pour tenir six ou sept conversations. je passerai pour quelqu'un d'autre que je ne suis pas. depuis mon enfance j'ai l'amour du déguisement; ce ne sera qu'un déguisement plus abstrait. je serai lisse, souriante; tout glissera sur moi. je n'afficherai plus mes réactions sur ce visage qui sera désormais égal. personne ne saura rien.

Publié par déviante à 21:49:45 dans grenier/cave | Commentaires (1) |

2005 XIX | 31 mars 2006

malade une fin d'après-midi d'automne, elle retrouve la sensation presque chaude des soirées d'hiver. la fièvre sans doute y contribue. la chambre sombre où la lumière n'a pas été allumée, et dont les volets sont restés fermés toute la journée, tout luit sous la flamme dansante de la bougie, qui fond patiente dans son chandelier posé sur le sol, et les lueurs mourantes du couchant filtré de nuages épais. la fenêtre s'ouvre; des oiseaux battent en retraite, leurs sifflements tournent en volutes agressives derrière eux, dans les branches hautes. un parfum froid règne; l'air glace et des fleurs paradoxales embaument tant qu'elles peuvent, faibles de cristaux que l'on croit voir se balancer, pendus cliquetant à leurs pétales.

Publié par déviante à 21:48:09 dans grenier/cave | Commentaires (0) |

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