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"C'est la Vénus..." | 05 juin 2006

C'est la Vénus sans membres
Du fond de mon jardin
Qui un soir de novembre
Me scanda ce refrain:

Calme est l'antique insouciance des non-névrosés;
Ils promènent leur doux profil de statue grecque
Leur corps parfait qui bat autour d'eux, jeune et sec;
Leurs pâles passions sont de mauvais vin arrosées.

Publié par déviante à 10:22:44 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) |

réponse de l'enfant-poète | 04 juin 2006

Beauté de l'écriture, nécessaire expression
Du surplus onirique; lorsque la bouche est lasse
De l'amer suc des rêves, par une lente torsion
Du souvenir nébuleux coule une blanche mélasse.

Cet élixir qui fend la langue, c'est la pensée.
Elle se fraye un douloureux chemin dans mes doigts
Pour goutter doucement de mes lunules glacées.
Je les lèche; j'ai trouvé de l'opium pour des mois.

Cher frissonnant nectar aux graves intonations,
Lorsque ta voix passe par moi ses vibrations me scient
En trois; chacun voit s'altérer ma carnation
Je souris aux sensations; tous sont assis.

Se balancent sur mon cou les enchaînements
Des pensées animales; je crois avoir envie.
Mordre à travers la chair, petit déchaînement.
Me baigner dans le sang d'une émeraude, sans vie.

On entend tout près des cloches sonner une berceuse
Et de laides Ophélies descendent le fleuve,
Emportant après elles les jeunes repasseuses
Qui ont chu en leurs bras morts, attendant qu'il pleuve.

Et je mords mes phalanges sensibles sur ces visions
Des aperçus du monde m'échappent discrètement
Bientôt j'aurai aterri à la dérision,
A terre; je me serai élevée secrètement.

Oh l'infâme drogue du souvenir jamais vécu



"If we could sniff or swallow something that would, for five or six hours each day, abolish our solitude as individuals, atone us with our fellows in a glowing exaltation of affection and make life in all its aspects seem not only worth living, but divinely beautiful and significant, and if this heavenly, world-transfiguring drug were of such a kind that we could wake up next morning with a clear head and an undamaged constitution-then, it seems to me, all our problems (and not merely the one small problem of discovering a novel pleasure) would be wholly solved and earth would become paradise."

Aldous Huxley

Publié par déviante à 18:09:26 dans paroles de papier | Commentaires (1) |

sonnet d'ennui | 01 juin 2006

En ces jours rationnels sur nous cristallise
Tiède encore, le fin givre de nos désespoirs;
Une fragile peau vermillonne nous moire:
Fragile comme un nénuphar, comme une Alise.

Seuls et nus, nous nous retirons dans une armoire
Sérieux, goûtons nos défaites entre deux valises
De cuir moisi; elles constituent les balises
De nos réflexions proches, assis au fond du noir.

Deux frères deux oiseaux qui agités se taisent
Factices monozygotes qui jamais ne se plaisent
Nous crions au vide que nous sommes cinglés

Dînons d'entrailles puisque nous sommes sans coeur
Jusqu'au lever lucide, nous pensons en choeur
La perfection des défauts vient nous aveugler

Publié par déviante à 19:19:40 dans le jardin de l'émeraude: sonnets | Commentaires (1) |

cours de français, mue de l'invitation au voyage: excitation au rêve | 22 mai 2006

Je vais te raconter un peu mes doux cauchemars vivants.

Erosion mnésique, yeux sourds d'incompréhensibles
Pas de paroles vraies; elles se reflèteraient en elles-mêmes.
Et il ne faut que certains instants de silence pour retenir l'espace,
L'espace nécessaire à la peur.

Ce sont les bruits amplifiés qui composent une voix âpre
Quais aux glyphes inquiétants, confusion
Des sensations qui se succèdent, impatientes, dont on ne peut profiter
Temps modelé par l'urgence

L'enchaînement implacable des actes, sans volonté conductrice
Les mots utilisés sont toujours pareils...Les mots,
Ce sang qui sourd de mes ongles,
Et joaille sur le bois fendu une noire pupille, qui éclate quelque part dans les nuages coulants.

Publié par déviante à 19:05:48 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) |

pourquoi toujours le refuge du sybillin poétique, la peur de trahir sa pensée? | 21 mai 2006

 

rêves embrigadés,
visage dégradé,
aucune certitude rassurante,
parfum des questions lancinantes.

ces fétiches banals,
que l'on retrouve à la lumière d'un fanal,
les jours de grand vent,
entre les grains du bitume fumant

feuillets paraphés, strates de la mémoire
un ancien chemin méconnu, illusoire,
se ferme sous les pieds,
alors qu'on le parcourt de l'être entier

marques du passé perdues,
stigmates sans yeux à l'entour tendu,
les phrases non achevées,
qui déroulent l'inventaire des souvenirs crevés.

pas de raison...muselez le trouble, annihilez les
nausées matinales



"Je n'ai jamais personnellement recherché l'immortalité.
On naît, on grandit, on vieillit.
Au soir de sa vie, on devient désabusé sur soi-même et le monde.
Je suis devenu désabusé bien avant le grand âge.
S'il y a quelque chose au-delà, alors ce doit être véritablement terrifiant."
Sergei Rachmaninov

Publié par déviante à 18:23:44 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (1) |

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