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un sonnet par jour peut-il laisser le psychanalyste sur le paillasson? | 09 juin 2006


Celui qui dénoue et dépingle ses cheveux
C'est le jeune enfant au corps joueur et lisse;
La lourde masse jusqu'au sommet de ses reins glisse
Cérémonie vespérale, heure des aveux.

Celle dont, au moindre silence, le front se plisse
C'est la jeune idéaliste, qui croit en ses voeux;
Son corps fatigué ne jure que par ce qu'il veut
Immobile, la bouche déformée, elle rêve un lys.

Celui qui, de ses forts bras déjà pauvres et las
Porte son vin, et jauge de son regard plat
C'est le presque-vieux, au devenir incertain.

Celle dont les yeux ont blanchi, mangés de veilles
C'est la tragique demoiselle, la vieille...
Des humains, les fantômes d'une glace sans tain.

Publié par déviante à 11:17:05 dans le jardin de l'émeraude: sonnets | Commentaires (1) |

sous-bois urbain | 06 juin 2006


Le soir joue de sa nuque comme d'un caramel glacé
De froids rubis perlent de ses oreilles
Elle s'amuse de ses fantômes de sentiments
Comme des cerfs-volants colorés dérisoires
Et sa perfection vous tourne le dos.
Elle a les cheveux rasés, amputée de sa sexualité.

Publié par déviante à 20:30:00 dans paroles de papier | Commentaires (1) |

acides | 05 juin 2006

Feuilles frémissantes de jade sanglant ciselé
Feuilles qui palpitent, délimitent un battant tunnel d'ors de verdure
Lauriers venteux qui claquent dans la chaleur
Essences âpres et épithètes colorées qui jaillissent
Les chants des haleurs aux barques de lierre empoisonné
Tourbillent dans un lent brouhaha, clignotant de cris oiseleurs

Publié par déviante à 12:22:03 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (2) |

mère de trumeaux | 05 juin 2006

Une dégénérescence a lentement cru en son ventre, écartant les chairs
Son ventre a gonflé, craquant la peau de longues lignes violettes
Elle est devenue lourde lourde; accroupie en un coin neuf mois
De non-existence, elle a perdu les eaux.

Le goût salé du mors dans sa bouche
Elle est sortie d'elle-même douze heures
En douleur telle que silencieuse;
Les sarcasmes des hommes qui riants la regardaient...

Debout ils fouillaient les chairs déchirées
Pour voir ce qu'il y avait encore;
Morceaux de placenta funeste, ouverture éprouvée atone
Au milieu des débris de corps une chose...

Déformée sans visage, qui hurle et frappe
Taille, vampire miniature
Un chemin sanglant à sa bouche
Dans les seins blancs, gonflés d'aiguilles, qui n'en peuvent plus.

Et ce n'est que le début, ne vous inquiétez pas....


(inspiré par L'Arrache-coeur de Boris Vian)

Publié par déviante à 10:48:05 dans négation aveugle | Commentaires (0) |

pourri sonnet, j'avais très sommeil, à ? | 05 juin 2006

C'est l'amie aux calmes mains piquetées d'opale
Celle qui de deux mots pragmatiques détend;
(Non qu'elle ait raison) elle montre ce que l'on attend:
Un léger chemin vers le réel, d'un doigt pâle.

Elle réfute l'argument, exprime le latent
D'un coup écarte le sur-moi, ours du Népal
Civil, qui de la raison fait tourner les pales.
Elle est beaucoup sans peu faire, et peut encore tant...

C'est l'amie aveugle de conscience que l'on rêve
Au détour des déceptions; cherchons-la sans trêve
Mais surtout ne la trouvons jamais; car idéale

C'est l'amie libre de nous tous libre d'elle-même
Celle qui enfin vit au milieu du trouble, et n'aime
Jamais; elle est forte, la plus belle des féales.

Publié par déviante à 10:29:15 dans le jardin de l'émeraude: sonnets | Commentaires (0) |

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