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arcobaleno e pozzanghera (oui, rimes pauvres, mais fatigue) | 15 juin 2006

Le ponant se reflète dans la flaque d'eau;
Une aérienne image, en surgit, l'arc-en-ciel
Divin pont coloré, qui s'irise de miel;
Ephémère hologramme de la pâleur des mots.

Un aveugle aux yeux blancs a croisé le fiel
De son regard; et il a plongé dans cette eau
Il en a sorti l'éventail aux sceaux royaux
L'infini nuancier ordinaire couleur de ciel.

Il l'ouvre. Il commande à l'arc. Sonnent les matines;
Et les couleurs frappent de nouveau sa rétine.
Ses yeux fades respirent les couleurs vidées

Avide, il dissipe l'arc, de sa soif naissante;
Et les couleurs fanent et se meurent, pauvres passantes
Avalées une par une, par deux vieux yeux ridés.

Publié par déviante à 23:08:38 dans le jardin de l'émeraude: sonnets | Commentaires (0) |

incompréhensible prétentieux: deux minutes de sommeil au fond du jardin, entre les graviers | 09 juin 2006


Une immense déviation frappe le chemin de ces belles fourmis prétentieuses; sans visage, elles ne semblent pas même la remarquer.
C'est là qu'on s'aperçoit désespérément que l'humain est la seule bête dont la mécanique naturelle est imparfaite: elle est la seule à avoir malheureusement été dotée d'une cognition exprimable, apparemment.
La course chopinienne de ces êtres des plus métaphoriques s'apparente au "but" final, l'infini antithétique. C'est l'insignifiant absolu, la fourmi, qui dérange l'humain fruste: il le renvoie douloureusement à son incompétence et à ses limites. Ces lisses fourmis qui nichent dans le sec recoin d'une montagne verticale, et portent leurs propres cadavres, ces fourmis annihilent l'humain qui se croit omniscient.

Publié par déviante à 23:53:30 dans despiration | Commentaires (0) |

évanouissement du moi | 09 juin 2006


Le plat ballet de la parole a le don d'endormir; dans la lente berceur des propos enchaînés, il devient de plus en plus difficile de s'affranchir du sommeil engourdi, sommeil, immergement doucereux dans la passivité oniriquement active...

Le printemps des amitiés sait s'éterniser, lorsqu'il a appris à se ponctuer d'automnes.

Vieux papillons de cendre

Publié par déviante à 23:46:40 dans négation aveugle | Commentaires (1) |

après-midi | 09 juin 2006


Etouffement, dans la chaleur des idées qui germent
Les doigts tachés d'encre, qui filent un lent chemin impatient à la pensée, une étroite rangée de petits signes automatiques
Ils se liguent et composent, ingénieux
Les mots à la valeur trop pauvre
Pour difficilement les rendre signifiants
Et opérer la magnifique compréhension de l'indicible.
Allons dormir et bâtir notre empire vaniteux de signes, que patiemment nous ramasserons à la fine pince, dans les cendres d'une joyeux foyer éteint depuis deux siècles.

Publié par déviante à 23:41:58 dans paroles de papier | Commentaires (0) |

"De la musique avant toute chose" (Verlaine) | 09 juin 2006

Courses émotives aux géométriques accords;
Arpèges déployés, résonances substantielles
La pauvre musique des mots circonstantiels
Plante sur les tragédies un banal décor.

Ces phrases si usées, parfaites, existentielles
Subsistent en l'oreille comme le son d'un lointain cor
Alors que l'esprit a cédé le pas au corps
les harmonies messianiques deviennent essentielles.

Oui, l'ennui matinal a rendu l'humain vide
Sa cervelle qui mange les notes, avide
Férocement s'approprie le musique, la chose

Seule capable de lui montrer ce qu'il appelle
Lorsqu'il est debout nu seul sous la grêle
Ce qu'il appelle absolu, lumière de sa prose.

Publié par déviante à 22:38:03 dans le jardin de l'émeraude: sonnets | Commentaires (0) |

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