renaquir donne la migraine.
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Faire de ses doigts une source d'ors chatoyants;
Faire enfanter à la mine du sec crayon qui griffe et brûle le papier
Des mots sans douleurs, à l'amertume douce et naturelle, des mots de caressant acier
Alliés de celui qui cherche, remèdes à celui qui tente de fertiliser son soi blanc.
Créer, exhumer de la pensée sans intérêt une chimère inconnue, belle et effrayante
Donner un lit à cette rivière chaotique de paroles
Qui coule de la bouche, égout aux forces et aux lignes distendues molles;
De soi-rien extraire une essence existante.
Publié par déviante à 20:55:42 dans despiration | Commentaires (2) | Permaliens
Si l'ivresse fatiguée des équipées uniquesPublié par déviante à 20:38:07 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (1) | Permaliens
L'ours est muet; ses grelots sont collés de sommeil.
L'enfant est relégué au fond de la cave. Blotti contre le soupirail, il a enceint le rempart de ses genoux blancs écorchés.
Il n'arrive plus même à s'ennuyer de ses monstrueux jeux. L'un retient son haleine avec engouement émerveillé.
L'enfant éprouve la flamme d'un briquet.
Faire craquer la pierre, muer sa main en une coupe
Pour abriter le feu de la brise éteinte;
Laisser s'envoler la flamme silencieuse qui respire un peu d'air, quelques jeunes secondes.
Faire tourner la pierre rugueuse, de la corne du pouce, pour faire cracher au petit dragon de plastique
Quelques étincelles vertes;
Ou encore écouter, lorsqu'on est las, le gaz s'échapper sans un souffle.
Jeu éternel.
L'enfant, assis contre le mur, l'enfant s'ennuie consciencieusement. Il n'a pas très peur car il sait qu'il fait jour au-dehors.
Il est libre, il est seul, l'enfant prodigue. Il sent sur lui un peu de lumière blanche, échappée du soupirail
Lumière blanche qui a distillé diffracté cambriolé
Les brillantes froideurs de l'été extérieur.
Il sait et contemple ce monde qui ne l'attend plus.
Publié par déviante à 20:25:50 dans paroles de papier | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par déviante à 19:44:04 dans le jardin de l'émeraude: sonnets | Commentaires (0) | Permaliens
Des coquelicots dansent au bord de la voie, dans leur venteux tutu rouge, trop vif, léger tout de même; les bords sont mangés de noir. Certains pans-pétales du tissu vivant sont déchirés, et saignent de blanc. Ils virevoltent sous la vitesse, facétieux, changeants; ils ne sont jamais pareils; le regard ne peut les suivre dans leur course inverse. Le spectacle qu'ils prodiguent, c'est l'arabesque finale, le chant du cygne; l'instant qu'ils offrent, c'est la pirouette vers l'invisible.
Derrière la carapace d'air massif, incolore, à l'odeur fade, mais ô combien impénétrable, les fluides filent et se fondent; les points se font lignes et les lignes se font rubans. Le sol vole, ivre; il est aspiré par la bruyante respiration du train, qui cherche l'air et la matière, du fond de sa sépulcrale gorge. La course halète aux virages; l'urgence se fait plus grande. Le chaos des couleurs plates anime l'espace de ses légères crêtes, de ses saillies à peine écloses qui accrochent l'air.
A dix mètres pourtant, le paysage déroule sa banderole, intact.
Publié par déviante à 21:48:07 dans despiration | Commentaires (2) | Permaliens