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élasticité du temps | 02 août 2006


Se reposer en soi, enfin... Etre un peu seule, sans mêler d'inconnus à soi.
Attendre de nouveau parmi ceux qui courent, désemparée souriante et cynique.
Entendre le tableau d'affichage bruisser comme une averse, déversant de nouvelles destinations.
Courir sur les quais, sans personne à rattraper sauf l'ombre des moineaux sous les structures métalliques.

Bonsoir, je suis revenue en moi.

Publié par déviante à 11:11:27 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (3) |

subodorons-nous nous-mêmes | 13 juillet 2006


Et si l'on se retournait contre le soi d'il y a un instant?
Au mieux, il ne reste qu'un morceau de fumée à disperser, de minuscules paillettes de parfum à ramasser par terre.
Impossible d'attraper les paroles au filet, impossible de les abattre en plein vol. Tout file et échappe, le plus vite possible.
On se retourne et il n'y a absolument rien qui puisse sérieusement montrer notre existence d'il y a quelques secondes.
Il y a les grimaces des autres, il y a le verre commencé et les miettes sur la table, l'écho des notes qui finit de se détacher, les objets contractiles qui vibrent encore un peu peut-être. Rien d'absolument tangible; seulement des impressions.
Obligation d'expression donc.

Publié par déviante à 20:20:45 dans despiration | Commentaires (1) |

lassitude du midi | 13 juillet 2006



Sur le quai; les mains qui tremblent, on ne parvient à savoir pourquoi.
Au milieu du ballast doucement mais fermement allumé, un éclat de verre scintille très fort; il emplit l'humeur vitrée, jusqu'à la nausée, ponctuel reflet d'un blanc soleil coupé au couteau.
Très au-dessus de tout cela, la musique respire sans encombre et sans ambages, lucide dans sa cage.
Lassitude du midi; attente de la rencontre décisive avec rien.
Un morceau de vide parmi les sièges: il est violemment accaparé et meublé de solitude soulagée. Seul deux objets abandonnés sur le siège qui fait face attestent la fréquentation humaine.
Dehors, le pays de plus en plus familier effleure le double vitrage. la campagne salie est de plus en plus volubile d'enfance. Villages rouillés, passages à niveaux, voitures enterrées et détritus. La végétation aussi est de plus en plus parlante; ces feuillus  à la vive couleur du passé, on a envie de les effeuiller, on a envie d'y grimper.
Et les routes aussi, ces nationales que l'on reconnaît, les pancartes qu'on a déchiffrées dans l'ennui somnolent des trajets habituels, on les lit maintenant. On les lit avec une légère émotion; mais rien à voir avec le soulagement ou la vive exaspération d'avant.
Entre les vitres, les rails se tordent et se déforment doucement, toujours plus avant que le regard. Ils ploient et déploient, toujours parallèles, une danse de chaleur climatisée.
Trajet trop court: vite le train surplombe la Loire telle qu'on la connaît réellement. Même les zones industrielles semblent plus vraies et plus touchantes. L'agencement des constructions, des arbres, le défilé des couleurs, sans réveiller quoi que ce soit, apaise un peu, tout en irritant ce qu'il y a sous le souvenir.

Le passé a changé.

Publié par déviante à 20:05:13 dans despiration | Commentaires (1) |

Sous les pavés moussus, les égouts | 03 juillet 2006

Il y a au bord de l'été comme une frange
Une longue lisière écumeuse frontière
Aux marées vomissantes qui secouent les pierres,
Au pli du poli d'un bras, limite qui dérange.

A l'extérieur du soi, comme toujours, la guerre
Entre les monades et les groupes qui prêts se rangent.
Les groupes éclatent, les monades entre elles s'arrangent;
Voyons cela de l'oeil qui blesse la lumière.

Les parfums de prison s'emmêlent et s'épaissisent,
Se détachent des vieux chiens qui glapissent;
Ils emplissent la pièce céleste d'un beau noir.

Pauvre décor permanent qui ennuie les grands yeux
Et parvient à les occulter pour trouver mieux
Avant un suicide dansant, sale désespoir.

Publié par déviante à 23:17:43 dans le jardin de l'émeraude: sonnets | Commentaires (1) |

pauvres matins | 01 juillet 2006

Après les désinhibitions nocturnes, les cris avinés laissent la place à l'assourdissant choeur des oiseaux solaires. Muets, vous regardez se dérouler l'éventail tragique des renoncements du petit matin. Vous croyez un peu à ce que vous appelez la "poésie" de ce moment; vous croyez à ses vertus. Assis, vous videz vos yeux dans les ors pâles des reflets levants; les mouettes et leurs cris roses arrachés tourbillent dans vos tympans. Un tunnel en perspective se fond en vous; vous y noyez vos désamours et déceptions. Tout revoir une dernière fois, d'un oeil blasé fatigué, pour en décoller doucement la peau trouble, et blesser une nouvelle membrane, encore fine, fragile et très transparente.

Publié par déviante à 13:07:42 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (1) |

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