renaquir donne la migraine.
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C'est dimanche
Le jour qui expire et les trains qui freinent
Marcher au bord de la voie, en équilibre
Sur le fil de la bordure
Vers le baîllement du tunnel
Offrant sa chair grise
Publié par déviante à 16:09:28 dans despiration | Commentaires (1) | Permaliens
Les minutes s'écroulent. Du dallage délié, aux poussières accordées et aux jointures bues par la chaleur s'envole une main de pierre
Le millepertuis plonge vers le ciel. Il lui tend ses pores, longuement colorés de soleil. A côté de lui s'émiette avec peine le glacis d'étoupe d'un pissenlit mûr, à la faveur des rares courants d'air
Tout est prêt à on ne sait quoi.
Attendre, se déplacer pour mieux attendre. Croire qu'on ne sera jamais partie de tous ceux que l'on voit défiler rapidement sous les yeux immobiles. Leur ballet aveugle, spectacle burlesque; succession d'attentes, glissements déplacements pour tromper l'attente.
Leurres. Comme ce corps de morte dormante, au visage et aux bras blancs, qui une nuit près de moi happait l'obscurité, possessif, et attirait vers lui la matière du silence, qui blessait mes yeux.
Publié par déviante à 16:03:11 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (1) | Permaliens
L'allumeur de réverbères est passé.
Il a jeté le trouble dans les versinthes, ramassé les dés qui roulaient encore sur le sol.
Il les a posés sur la table.
L'allumeur de réverbères est passé.
Derrière la porte, le froid et les vents qui bataillent.
Il a posé son manteau sur la chaise.
Les bouches exhalent leurs chaleurs et se taisent.
L'allumeur de réverbères est passé.
Chacun l'a regardé étrangement
Je voulais un morceau de lui
Alors j'ai souri au fond de mon verre.
[Dans les plis de son large manteau, j'ai fouillé et retrouvé un parfum poivré ancien adoré qui n'était pas à lui, adouci par la chaleur de son corps.
Respiration ample et sans larmes; sourire sans regrets et sans amertumes. Sourire comme à de bons souvenirs
Ce n'est pas à lui; c'est un autre qui ne m'est rien.]
L'allumeur de réverbères est passé.
Il a éteint les allumettes nerveuses et enflammé les mèches des bougies; grésillement du fil noir, cassant, un peu recourbé.
Il ne s'est pas assis mais a fermé la porte derrière lui.
L'allumeur de réverbères est passé.
J'ai vu les regards cyniques
Qui m'étaient sourires
Et les marches noires muettes étourdissantes
Qui m'étaient paisibles errances.
L'allumeur de réverbères est passé.
Il a tranquillement traversé la petite salle, en faisant craquer les lames du parquet comme un feu.
Il s'est servi un verre d'eau.
L'allumeur de réverbères est passé.
Il a fendu la bise blanche au fort arôme
En ouvrant ses mains il l'a dissipée
Et la cendre vole, traçant en l'air
Les signes de sa colère lointaine.
L'allumeur de réverbères est passé.
Il a fermé le livre aux pages incertaines
Chassé les images oiseaux-douleurs
Qui ne sont plus à moi.
[Ses mains chaudes sans gants sur mes épaules. Je me suis enfin endormie.]
Publié par déviante à 19:37:49 dans despiration | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par déviante à 12:23:44 dans négation aveugle | Commentaires (6) | Permaliens
Publié par déviante à 20:42:21 dans négation aveugle | Commentaires (2) | Permaliens