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épuisée | 26 février 2006

quand j'étais enfant, je rêvais d'attraper des bêtes. attraper, sentir bouger, se tordre de peur et de douleur dans sa propre main. la tenir fermée. rire, rire de son pouvoir, sans pour autant oser ouvrir sa main. un insecte, un poisson, une écrevisse de rivière, une grenouille. tous ces animaux qu'un enfant peut croire asservir.
je rêvais d'avoir une épuisette. ces morceaux de filet de plastique au bout d'un manche me semblaient être le plus beau des sceptres. enfin dominer tous les animaux assez petits pour remplir mon poing.

maintenant, je rêve d'avoir une épuisette pour rattraper mes rêves, libellules de papier plié, qui volent à travers mon cerveau, épuisé.

Publié par déviante à 21:43:41 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (2) |

voir...non | 26 février 2006

je ne veux pas
vous voir

moues de certitude
arrivisme imprimé sur le visage
calvities naissantes; travail
matérialisme sans beauté
fonctionnel, performant
jugements, semblants
mais sans savoir que
la nuit tous les chats sont gris
mépris, peut-être?

je ne veux pas
vous voir

car

je ne veux pas savoir

<< Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ. >>
(Cioran)

Publié par déviante à 21:35:49 dans despiration | Commentaires (1) |

j'aime...non | 26 février 2006

j'aime!
dire non.
galet aux flancs polis
ma bouche source minérale
onyx, marbre noir
ma négation de flanelle
doux rempart de parole
péremptoire
vous aimez? j'aime pas.

que j'aime ne pas aimer
                                         surtout si vous, vous aimez...
                                            

Publié par déviante à 21:25:32 dans négation aveugle | Commentaires (2) |

un aujourd'hui...le premier | 26 février 2006

aujourd'hui s'appelle dimanche, mais je n'aime pas ses connotations. ennui, gris, froid dur sur les tempes. se coucher, une musique pleuvant sur les tympans.
une vaine envie de pleurer qui sourd de tous les membres. même les aventures d'un pubard cocaïné lucide (99 francs, Beigbeder), un très bon livre, du Houellebecq en moins misogyne mais drogué...même un livre refuse de me donner asile. va pleurer dans les bras de ta solitude.

dimanche. enfer. tous les dimanches de ma vie dans chaque dimanche. tous les dimanches de ma vie pour un samedi.

mais demain sera lundi. lundi, magasins fermés, solitude du dimanche, dehors.
la pluie trop fine, les pavés éclatés, et les enfants, partout, qui grouillent, comme de gracieux insectes dont on ne sait quoi faire. ils regardent sans encore juger peut-être, et sautent dans les flaques. boueuses larmes.

Publié par déviante à 21:16:17 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (1) |

I-2006 | 26 février 2006

pourquoi déviante?

je suis pas au courant.

j'avais envie.

des morceaux d'existence, "tranches de vie "comme on aime à dire de nos jours

du lyrisme refoulé de l'absurde

des désamours/antihaines?

mes anti-utopies, traduire mes réalités (pour qu'elles soient moins moches, on les maquille d'un peu de poésie)

de la prétention de la fierté qui tient debout toute seule

je n'ai rien demandé.

<< -Je ne te demande rien. 
Juste que je fasse ce que tu me dis, pensai-je. >>
(Donna Tartt, Le Maître des illusions)

Publié par déviante à 20:39:10 dans despiration | Commentaires (1) |

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