renaquir donne la migraine.
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les rails filent et sifflent
serpents jumeaux d'épais métal mouillé
sans crisser ils tissent la course
du train qui se balance comme une danseuse
dehors, de graciles branches
gorgées d'eaux
dévorées de lichens
balancent lasses sous le crachin
la paix la paix des heures le front à la vitre
laisser couler l'immensité tranchante du ballast
la contemplation lâche
qui me nourrit
Publié par déviante à 22:32:48 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (3) | Permaliens
sono stanca...
ho male a la testa
ma non è la testa mia...
vorrei partire
vorrei tutte cosa sapere
e è il mio sangue che vorrebbe bere...
sono nessuno:
non conosco
il mio viso
c'est la joie noire qui fait son entrée. elle glisse, évanescente compagne; éclatant et sombre farfadet, aperçu dans l'entrebaîllement d'une porte dérobée de ma mémoire. joie de ne pas se connaître; joie de ne pas être connue. joie d'être la seule à penser comme moi-même; joie d'être seule, avec ces si belles bêtes noires aux carapaces de jais, qui grouillent et bourdonnent, dévorant mon cerveau. je les caresse, songeuse; plus fidèles et plus douces qu'un chat, avec leur enveloppe lisse qui laisse glisser mes mains. rondes, parfaites, invincibles; ces bêtes, ce sont des galets vivants, qui ne vivront que le temps de ma vie. mais elles ont un espoir: si je les écrase, et que dans leur sang je trempe mes doigts, elles seront mon encre, et vivront peut-être une courte éternité...
Publié par déviante à 18:50:43 dans paroles de papier | Commentaires (5) | Permaliens
je m'ennuie. je m'ennuie au milieu des gens. je les regarde, je les retourne dans tous les sens. je tente de leur trouver de l'intérêt, désespérément, comme on tire ses paupières blanches de sommeil pour s'empêcher de dormir. les cils s'arrachent et on les retrouve exsangues, sur la pulpe ronde du doigt, palpitant faiblement . geste dérisoire.
je ne trouve de sens qu'à très peu d'entre eux. dans les gens, certains sont gentils, la majorité même. mais ils ne paraissent pas complexes. ils n'impriment pas leurs émotions sur leur visage. dignité, peur de l'égoïsme; je ne sais pas. je les vois. parfois je les regarde même, tant ils m'étonnent. ils sourient. ils sont ouverts.
ils vivent
peut-être...
"je m'emmerde
j'ai mal aux yeux"
Guerilla Poubelle, "Demain Il Pleut" (Il faut repeindre le monde...en noir)
Publié par déviante à 21:14:26 dans monades proches | Commentaires (1) | Permaliens
la neige noire fond, l'eau lourde glisse goutte après goutte. le choc est sec et doux, et il ponctue de son accent ta réflexion vide et silencieuse.
tu regardes le soleil s'élever lentement, à travers le verre sale de ta fenêtre. tu n'as pas dormi cette nuit; le mince filet alccolisé qui a coulé toute la nuit t'a reposée et maintenue éveillée. ce soleil qui commence malgré toi à te réchauffer, et que tu n'aimes pas.
le ciel est de ce bleu profond et joyeux que tu n'aimes pas.
tu les regardes; tu leur souris. tu abaisses tes armes, tu abandonnes cette bataille contre la laideur de la réalité. depuis des années, tu critiques, tu juges, tu réprouves, tu refuses, tu te révoltes contre cette réalité que tu trouves inesthétique et mal faite. tu es fatiguée par la négation. mais tu ne pourrais jamais accepter pour autant.
tu souris encore. cela fait longtemps que cela ne t'est arrivé. tu t'interroges; tu te fais peur. tu crains de vieillir, de glisser peu à peu dans le joyeux marasme de l'humanité. tu cherches un briquet dans ton manteau; tu allumes une cigarette, et exhales un long long nuage de fine fumée bleutée.
tu te sens spoliée; es-tu vaincue ou t'es-tu vaincue? tu n'es plus comme avant. tu n'as plus la force du refus. dorénavant, tu vivras pour toi, sans te soucier le moins du monde de cette réalité que tu n'aimes pas. tu vivras enfin réellement en dehors de la réalité.
au-dessus du radiateur, une fine couche d'air trop chaud fait danser ses volutes. tu passes ta main dans cet air mystérieux, miroitant. le contact te déçoit.
tu es lasse. la certitude en profite, et se fraye peu à peu un chemin dans ta pensée; tu finis par te rassurer. un peu de lumière traverse la fumée de la cigarette; bien que tu n'aimes pas la lumière, tu saisis le rayon, pour en faire un noeud autour de tes négations catégoriques. tout t'envahit; tu es assaillie par les sensations humaines. et la joie noire te baigne.
Publié par déviante à 21:45:53 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (5) | Permaliens
je veux bouger d'iciPublié par déviante à 21:10:07 dans despiration | Commentaires (0) | Permaliens