renaquir donne la migraine.
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Galeries nocturnes, parcourues de vents ouatés
Par une anfractuosité j'ai aperçu
L'odeur de la mer une branche du cerisier
En fleurs mortes trop molles trop sucrées
Et le jaune qui coule comme
Il coulerait de la peinture des pistils
Pétales blancs aux pliures brunes
Innocentes pas vues il fait obscur
Les pas les pas qui grésillent
La main sur le mur et la pudeur
Et puis la lanterne dorée, son reflet dans mon corps.
Publié par déviante à 19:57:49 dans despiration | Commentaires (1) | Permaliens
Cris et chuchotements-
L'animé est-il
mort?
-
Cris et chuchotements
L'animal est-il
toujours vivant?
-
Et moi
Je suis assise
Dans l'ombre de la porte
-
Lumière du soir
Lumière électrique-
Je me regarde
-
Cris et chuchotements-
Une saison j'ai perdu
Ma peau
-
Cris et chuchotements-
Une plainte évanouie
Je dors.
Publié par déviante à 17:57:21 dans le temps qu'il fait et ce que le temps fait | Commentaires (0) | Permaliens
Le domaine des possibles semble ébréché,
La fusion bienheureuse déliée;
Que nous reste-t-il sans or, sans paix, sans volupté,
Avec une colère vivante sur la peau,
Grande comme une cathédrale,
Sans raison?
Je vais chercher dans la maison de notre amour pas passé
Collectionner les odeurs, les petits morceaux de tissu
Les attentions et les confiances;
Je vais chercher de quoi apprendre
Qui on est quand on est heureux.
Et puis je vais retailler le costume vert espoir
Au sécateur comme le creux d'un lit;
Tisser de nouveau un nid patient, soufflé par les mots
Qui ont crevé ce que l'amour avait noué
Et effacé le temps blanc de la confiance qui s'érige.
Cherchons les indices, nu-pieds dans les bois
Portez haut mes couleurs et mes héros.
Aragon mentait quand j'avais confiance,
Dans toutes ces merveilles visibles pour moi seule.
Je sais qu'elles sont toujours là, mais elles ont peur...
J'aime et on se renouera, Patience sur notre chemin...
Publié par déviante à 21:12:30 dans despiration | Commentaires (0) | Permaliens
Ce n'est pas la musique qui nous habite,
C'est nous qui habitons dans la musique.
Publié par déviante à 10:28:52 dans paroles de papier | Commentaires (5) | Permaliens
Je vis trop souvent ce que je ne dois pas vivre, ce qui devrait rester sur une étagère hors de ma portée. J'admire et je goûte toutes ces choses, ces mets dangereux et ces alcools délicieux et délivrants, le sucre rouge et lisse des bonheurs au goût d'eau salée qui emplit le corps pour toujours.
Je vis trop, et trop de vies en même temps; je vis mon passé chaque jour; et j'ai comme besoin sans cesse de vivre ce qui devrait être mon avenir, je cours devant le temps; je vis aussi ce que je ferai vivre à ces personnages qui m'habitent, des choses que je n'ai jamais vécues et que je veux deviner. J'essaie de vivre ce que je veux vivre; je me trompe de sens.
Pourquoi toujours ouvrir toutes les boîtes, toutes les bouteilles, tous les colis, tous les sachets, tous les bocaux, pour découvrir, sentir, entendre, goûter, palper le bonheur dedans et quand j'ai trouvé la bonne, sentir la boîte glisser de mes mains, parce qu'elle est trop lourde, parce que mes mains sont trop jeunes?
Je voudrais arracher cette peau qui vit à l'intérieur de moi et qu'on a touchée. Je voudrais avaler quelque chose qui la fasse joliment pourrir et tomber, l'évacuer de moi, pour que quelque chose de propre et de vivant se forme, une peau lisse avec des veines des artères et tout et tout, qui brille à la lumière, humide et merveilleuse, comme je n'ai jamais eu. Comme j'aurais peut-être eu si j'avais vécu à ma place. J'avais perdu le chemin de mes cauchemards les yeux ouverts, des histoires qui s'inventaient au fur et à mesure que ma peur grandissait. Je l'ai retrouvé mais les histoires sont vraies.
J'ai peur de moi parce que je n'existe pas. Je n'ai jamais existé. Sentir était un début d'existence lié à la réalité; comme si un moment la nature m'avait rappelé ce pour quoi j'étais faite. J'ai voulu plonger mais je ne sais pas faire. Je n'ai pas de courage. J'avais un lien avec le réel qui ouvrait quelque chose; la porte est fermée, silence, on a mal de soi par soi, encore.
Je ne suis plus excitée par la vie; je retourne au non-être. Et j'attends.
Publié par déviante à 20:56:30 dans despiration | Commentaires (2) | Permaliens